Afrique

Projet de recherche

Carnets, éthique et logistique: infrastructure et la (dé-/ré) bureaucratisation du transport sur le fleuve Congo (RD Congo)


Le projet étudie des pratiques bureaucratiques dans le domaine du transport fluvial en République Démocratique du Congo. Même si une grande partie du transport est organisée de manière  »informelle«, il opère néanmoins en fonction de pratiques logistiques et bureaucratiques, qui sont ancrées dans les histoires coloniale et postcoloniale. Inspiré par l’anthropologie de l’infrastructure, voire de la technologie, qui considère des artefacts technologiques comme étant des participants non-humains dans des relations sociales, l’hypothèse de travail est que l’informalité et la perpétuelle informalisation reposent sur l’usage vernaculaire de technologies bureaucratiques, à travers desquelles une »éthique de l’informalisation« est cultivée, maintenue et instituée.

L’hypothèse de travail est que l’informalisation de l’économie repose sur l’usage quotidien de technologies bureaucratiques.

Font partie de l’assemblage technologique étudié des carnets/registres, des stylos, des tickets, des techniques de calcul, des procédures de pesage, voire d’estimation du poids, des mètres de carburant, des sacs et des cadenas (mesures de sécurité), ainsi que toute la palette de l’infrastructure navale et portuaire. Des innovations technologiques récentes (comme l’appropriation d’engins Diesel à deux-temps d’origine Chinoise, le téléphone portable, l’argent digital, des panneaux solaires, etc.) ont engendré des transformations importantes dans le domaine de la bureaucratie vernaculaire. Sur la base d’un état de lieu ethnographique, le projet se sert des techniques d’histoire orale et de recherches dans des archives, afin de tracer des pratiques bureaucratiques vernaculaires depuis ses origines à l’époque coloniale (et au-delà), à travers les temps postcoloniaux jusqu’aujourd’hui.