Lieu : Paris
Notre démarche cherche à saisir le potentiel suggestif, affectif et conflictuel du pavoisement, dans des contextes allant du local à l’international, tel qu’il se déploie à travers des couleurs renvoyant à des États, des mouvements nationalistes, à des organisations politiques, etc. (Dommanget, 1967 ; Elsbach, 2019). Elle ouvre à l’étude des modalités d’appropriation de l’espace politique dans des contextes diplomatiques, nationaux et coloniaux (Virmani, 1999 et 2008 ; Hernández Navarro, 2017). Elle appelle à prendre en compte les lieux attendus de l’exercice du pouvoir et de la diplomatie, mais aussi, au-delà, la mise en scène des frontières, la rue, les lieux de fête, de deuil, ou de mobilisation, les rassemblements sportifs, etc. De ce fait, l’approche prend en compte les drapeaux nationaux, mais des propositions portant sur des dispositifs incluant fanions, guirlandes, oriflammes ou autres formes visuelles aux couleurs d’organisations véhiculant un message de nature politique seront également bienvenues.
Dans cette perspective, les organisateurs souhaitent accueillir des propositions qui interrogent, sans exclusive géographique, les implications politiques, diplomatiques, sociales et culturelles du pavoisement dans l’entre-deux-guerres. Les contributions pourront aussi considérer la spécificité des manifestations du phénomène au cours de la période tout en interrogeant les disparités territoriales et les facteurs qui les fondent. En outre, une attention particulière pourra être prêtée à la façon dont le pavoisement transforme l’environnement, notamment urbain, et par conséquent le « paysage mental » des populations évoluant dans ces espaces.
Attentives aux rapports entre pavoisement, construction d’identités et émotions politiques, les communications pourront notamment porter sur les axes suivants :
- une analyse détaillée des effets recherchés par le pavoisement et/ou de la perception du pavoisement par leurs témoins ;
- les usages diplomatiques du pavoisement, dans le cadre de visites d’État, réceptions officielles, conférences et organisations internationales ;
- le pavoisement comme pratique de marquage des espaces frontaliers ou encore comme pratique de souveraineté, en particulier dans les territoires contestés, nouvellement intégrés, ou coloniaux ;
- les usages militants et partisans des drapeaux, emblèmes et fanions au cours de rassemblements, ainsi qu’une réflexion sur les occasions, lieux et conditions de déploiement du pavoisement ;
- l’appropriation, l’acceptation politique des emblèmes ou au contraire les gestes de contestation ou de profanation ;
- les conflits politiques, juridiques et interventions policières suscitées par le pavoisement.
Sans privilégier une démarche méthodologique particulière, la journée d’étude accueillera des propositions mobilisant des approches diverses, parmi lesquelles des perspectives comparées, transnationales ou micro-historiques seront appréciées. Une attention particulière sera accordée aux contributions fondées sur l’analyse de sources visuelles ou de témoignages permettant d’appréhender la perception du pavoisement.
Les personnes intéressées sont invitées à remplir le formulaire ci-dessous jusqu’au 7 juin 2026: https://framaforms.org/pavoiser-dans-lentre-deux-guerres-1775744795
Les langues de travail seront le français et l’anglais, et, afin de faciliter les échanges et la publication des résultats de la journée d’étude, les participants devront fournir un pré-papier en anglais trois semaines avant la rencontre.
Comité d'organisation
Alexandre Bibert (IHA)
Isabelle Davion (Sorbonne Université, UMR Sirice)
François Robinet (Université Savoie Mont Blanc)
