En ligne et sur place : Les jeudis de l’Institut historique allemand

Susanne Lachenicht (univ. Bayreuth), Savoirs autochtones, nouvelles sciences et discours colonial dans l’Amérique française (XVIe-XVIIIe siècles)

  • Époque moderne Conférence
  • 18h00 (12.02.) - 20h00 (12.02.)
  • IHA

Conférence dans le cadre du cycle « Les jeudis de l’Institut historique allemand »

Susanne Lachenicht (Univ. Bayreuth), Savoirs autochtones, nouvelles sciences et discours colonial dans l'Amérique française (XVIe-XVIIIe siècles)

Commentaire : Francois Regourd (Paris Nanterre)

La présence et le transfert de savoirs autochtones dans les archives européennes des sciences ont gagné en importance dans la recherche internationale ces dernières années, notamment dans les domaines du climat, de la géographie, de la géologie, de l’écologie, de la botanique, de la zoologie, de la médecine, de la pharmacologie et de la diététique.

Parmi ces archives scientifiques figurent, outre des collections d’objets botaniques et zoologiques, des correspondances, des revues savantes, des encyclopédies, des corpus de cartes et des récits de voyage, ce que l’on appelle des « histoires naturelles ». Les histoires naturelles constituent un genre spécifique, quoique complexe. Elles comprennent des descriptions du climat, de la géographie, de la géologie, de la flore et de la faune, ainsi que des populations et des sociétés de différentes régions du monde. Elles reposent souvent sur des journaux de voyage, des journaux de bord, des dessins et des aquarelles de paysages, de plantes, d’animaux et d’humains, ou encore de leurs activités respectives.

Les histoires naturelles forment une excellente source pour l’analyse de différents thèmes : 1) pour un inventaire positiviste des savoirs disponibles (voir à ce sujet les travaux portant sur l’histoire des sciences), 2) pour l’étude du développement de systèmes européens de savoir et de nouvelles catégories de connaissances 3) pour l’étude du discours colonial et, dans ce cadre, 4) de l’étude de la colonisation comme processus.

Ce projet de recherche, qui s’inscrit dans une réflexion sur les différentes facettes du discours colonial, s’intéresse à la manière dont les dits savoirs autochtones sont traités dans ces histoires naturelles, comment ces derniers sont documentés et hiérarchisés, ou plutôt comment les processus de contact culturel, de transfert et de transformation s’inscrivent dans les sources. L’objectif est de 1) mieux comprendre les processus de genèse et de codification des savoirs 2) mieux saisir les structures et les processus de colonisation et 3) corriger nos récits contemporains sur la « connaissance européenne » d’autres mondes.

Susanne Lachenicht est professeure d'histoire moderne à l'université de Bayreuth. 

Conférence avec traduction simultanée (français/allemand). 

Pour une participation sur place, aucune inscription n’est nécessaire.
Pour participer en ligne, merci de vous inscrire ici Zoom

Informations : event@dhi-paris.fr

Crédit image : Nouveau voyage aux îles de l’Amérique, Tome 1 page 331, 1722 - Labat BnF.